La sédentarité, véritable enjeu sociétal

dimanche 14 avril 2019
L’OMS définit comme activité physique « tout mouvement produit par les muscles squelettiques, responsable d’une augmentation de la dépense énergétique » (1). Cela comprend donc à la fois les activités sportives, mais également toutes les activités de la vie quotidienne nécessitant une mise en mouvement, et ce, tant dans le cadre professionnel que celui du loisir. L’activité physique s’oppose donc à la sédentarité.

Au niveau mondial, un adulte sur quatre, manque d’exercice et plus de 80% des adolescents n’ont pas une activité physique suffisante. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la sédentarité est à l’origine chaque année de 2 millions de décès dans le monde et de nombreuses pathologies chroniques.

De même, l’inactivité physique est responsable d’environ 10% des décès en Europe.
Le coût de la sédentarité est chiffré à 67,5 milliards de dollars (61 milliards d’euros) par an, soit 53,8 milliards de dollars de dépenses de santé et 13,7 milliards de dollars de perte de productivité.

L’activité physique et sportive est reconnue comme thérapeutique non médicamenteuse par la Haute Autorité de Santé (HAS) depuis 2011. Suite aux travaux et à de nombreuses expérimentations notamment menées dans le cadre du Plan national Sport Santé Bien-être 2012-2018, la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 a introduit la possibilité, pour le médecin traitant, de prescrire une activité physique adaptée aux patients atteints d’une Affection de Longue Durée (ALD), dans le cadre du parcours de soins.
C’est à ce titre que la stratégie nationale de santé pour la période 2018-2022, définie par le décret n° 2017-1866 du 29 décembre 2017, reconnait l’activité physique comme un facteur de prévention et encourage au développement de la pratique tout en veillant à ses conditions de dispensation. (Source : SNSS).

Les bienfaits de la pratique de l’activité physique dans la population générale ne se limitent pas à une augmentation des capacités physiques (force, endurance, équilibre). En effet les scientifiques s’intéressent de plus en plus aux différents aspects positifs du sport en général. On retrouve ainsi également dans la littérature : une réduction des symptômes dépressifs, confirmés par des méta-analyses récentes, qui vont dans le sens d’une recommandation de l’activité physique dans la prise en charge des symptômes dépressifs. Les effets positifs sont également retrouvés dans les maladies somatiques.

L’activité physique est reconnue comme étant un élément majeur dans la prise en charge des patients diabétiques de type 2.
Dans les pathologies cancéreuses, l’activité physique apporte également une amélioration à tous les stades de la maladie. En prévention primaire, sa pratique régulière entraine une réduction de l’incidence du cancer du côlon (de l’ordre de 20 à 25%) et du sein, et probablement pour les cancers de l’endomètre, poumon, pancréas, ovaire et prostate. En prévention secondaire, chez les patients atteints de cancer, les effets bénéfiques sont une amélioration de la santé mentale et du bienêtre physique : réduction de l’asthénie, augmentation des capacités physiques, amélioration de la qualité de vie.
D’autres bénéfices sont également retrouvés sur le système ostéo-articulaire (diminution du risque d’ostéoporose), sur le contrôle pondéral, ainsi que sur les fonctions cognitives.
D’une manière plus générale, la pratique d’une activité physique a été reliée de façon positive à une meilleure qualité de vie liée à l’état de santé.

Enfin, la pratique d’une activité physique permet de diminuer la mortalité de l’ordre de 14 à 35 % par rapport à des sujets sédentaires, selon le niveau d’activité physique.